La Chambre sociale de la Cour de cassation a rendu, le 10 décembre 2025, un arrêt majeur (Cass. soc., n° 24-15.412) qui marque une avancée importante pour les droits des salariés.
Cette décision redéfinit clairement les limites du pouvoir de direction de l’employeur face aux libertés fondamentales, en particulier le respect de la santé, de la vie privée et de la dignité au travail.
Deux apports essentiels ressortent de cette jurisprudence
🔒 Le secret médical : une frontière infranchissable
La Cour rappelle un principe fondamental :
👉 l’employeur ne peut jamais accéder aux informations médicales d’un salarié.
Même dans le cadre d’un contrôle disciplinaire ou d’une procédure de licenciement, aucune intrusion n’est possible dans la sphère de la santé.
Le secret médical protège l’intimité du salarié et ne peut être remis en cause par le lien de subordination.
➡️ Concrètement, si un employeur utilise des éléments médicaux obtenus illégalement, la sanction peut être lourde : le licenciement peut être déclaré nul.
C’est un message clair : la gestion de l’entreprise ne justifie pas l’atteinte à la vie privée.
⚠️ Harcèlement managérial : la notion devient systémique
Deuxième avancée majeure : la Cour facilite la reconnaissance du harcèlement moral lorsqu’il résulte de pratiques managériales généralisées.
Jusqu’ici, il fallait souvent démontrer une intention individuelle de nuire.
Désormais, la Cour admet que :
👉 un ensemble de méthodes de management toxiques peut suffire à caractériser le harcèlement, même sans cible unique.
Pression constante, objectifs irréalistes, dénigrement, mise à l’écart, contrôle excessif…
Lorsque ces pratiques créent un environnement de travail dégradé pour plusieurs salariés, le harcèlement peut être reconnu.
➡️ Ce n’est plus seulement le comportement d’une personne qui est jugé, mais un système de management entier.
✅ Des conséquences concrètes pour les salariés
Cette décision entraîne plusieurs effets positifs :
✔️ Nullité possible du licenciement en cas d’atteinte au secret médical
✔️ Responsabilisation accrue des employeurs sur leurs méthodes de gestion
✔️ Meilleure protection contre les risques psychosociaux
✔️ Évolution de la charge de la preuve en matière de harcèlement
La Cour envoie un signal fort :
la performance économique ne peut jamais justifier la dégradation de la santé mentale ni la violation des droits fondamentaux.
✊ Un message fort pour le monde du travail : L’entreprise reste un espace de droit.
Les libertés individuelles, la dignité et la santé des salariés doivent être respectées.
Pour les managers, DRH et directions, cette jurisprudence impose une vigilance renforcée. Le management ne peut plus être uniquement piloté par les chiffres, mais aussi par le respect des personnes.
Pour les salariés et leurs représentants, c’est un appui juridique précieux pour :
👉 faire reconnaître les situations de souffrance au travail,
👉 contester des licenciements abusifs,
👉 dénoncer des pratiques managériales nocives.
Si vous êtes confrontés à une situation de pression, d’atteinte à votre vie privée ou de harcèlement, n’hésitez pas à contacter vos représentants syndicaux SNEPS-CFTC.
🛑 Secret médical et harcèlement managérial : la Cour de cassation renforce la protection des salariés
18 janvier 2026